Rapides et agiles : comment les porte-drones navals bouleversent la guerre asymétrique en mer

Magura V5 USV drone

Drone Magura V5 USV déployé en mer. Source

Depuis les années 1990, les cycles d’acquisition navale s’étaient installés dans une routine bien établie : un État commande une nouvelle classe de navires pour remplacer une flotte vieillissante ; le chantier naval conçoit, construit et apporte quelques ajustements en cours de route, et si tout se passe comme prévu (je pense notamment à la classe Constellation), tout le monde obtient ce qu’il veut dans les délais.

Du moins, c’était le cas jusqu’à ce que les Ukrainiens commencent à utiliser de nouveaux outils pour transformer la flotte de surface russe de la mer Noire en une flotte sous-marine stationnée en permanence. Cela n’est bien sûr pas passé inaperçu. Soudain, des pays et, malheureusement, des organisations malveillantes à travers le monde, qui disposaient jusqu’alors de peu de moyens pour investir dans une flotte moderne et bien équipée ou d’un pouvoir d’achat suffisant, se sont vu proposer une nouvelle alternative très rentable pour repenser leurs positions, bouleversant ainsi le paradigme de la domination et de la projection navales à l’échelle mondiale par un petit club de pays.

À mesure que les « capacités furtives » se sont développées, les capteurs ont eux aussi évolué. L’utilisation accrue d’une multitude de capteurs a rendu plus difficile pour les flottes conventionnelles d’opérer sans être détectées, ce qui n’était pas un problème jusqu’à ce que l’on y ajoute la menace de petits drones rapides, agiles et nombreux, s’approchant avec des intentions agressives.

La concentration des forces peut donc constituer aujourd’hui un inconvénient lors d’un engagement naval si les mesures de protection des forces ne sont pas suffisamment solides. Cependant, tous ces drones à faible coût ne servent à rien s’il n’y a pas d’avantage dans le domaine du renseignement, c’est-à-dire la capacité de savoir où se trouve l’ennemi avant lui.

C’est pourquoi des porte-drones navals ont commencé à être développés ces dernières années afin d’explorer ce nouveau segment de la guerre. Ce que vous ignorez peut-être, c’est que les porte-drones navals évoluent à un rythme effréné, redéfinissant ce que l’on pourrait considérer comme des porte-drones navals « traditionnels ».

Qu’est-ce que la guerre asymétrique ?

La guerre asymétrique pourrait être définie comme « une forme de guerre dans laquelle un acteur non étatique utilise des moyens et des tactiques non conventionnels pour exploiter les vulnérabilités d’un État afin d’obtenir un effet disproportionné, sapant ainsi la volonté de cet État d’atteindre ses objectifs stratégiques ». Source

La nature même de la guerre asymétrique rend difficile l’établissement d’une définition précise et consensuelle.

Qu’est-ce qu’un « porte-drones naval traditionnel » ?

Les pays disposant de budgets plus modestes que les marines hauturières traditionnelles ont mis au point différentes variantes de porte-drones, offrant des capacités asymétriques. Comme toujours, les informations dont nous disposons sur certains des produits dont nous parlons sont limitées, le plus souvent par choix. Il est donc important de toujours faire preuve de prudence dans la diffusion de ces informations, en particulier lorsqu’il s’agit d’une nouvelle catégorie de systèmes d’armes. Néanmoins, il existe actuellement trois exemples principaux de ce que l’on pourrait appeler des « porte-drones navals traditionnels » en service, et peut-être deux à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Qu’est-ce qu’un porte-drones naval ?

En termes simples, il s’agit d’un navire, avec ou sans équipage, équipé d’un pont d’envol sur lequel des véhicules aériens sans pilote (UAV) peuvent décoller et atterrir. Plus précisément, il permet à une marine d’embarquer, d’héberger, de transporter, de surveiller, de coordonner et de récupérer un grand nombre d’UAV sans avoir recours à un porte-avions. Ces navires sont considérés comme modulaires et font office de plate-forme polyvalente. Le terme « vaisseau-mère » a également commencé à apparaître, notamment en référence aux navires de surface sans équipage (USV) servant de plate-forme flottante, que nous aborderons plus loin.

En résumé, le porte-drones naval se définit par son rôle de plaque tournante d’un réseau de capteurs sans équipage et de moyens de frappe dans les domaines aérien et naval.

1. Le navire de la marine portugaise NRP D. João II

Concept du navire de la Marine portugaise NRP D. João II. Source

La Marine portugaise construit actuellement le NRP D. João II, un navire de soutien polyvalent conçu pour être le premier porte-drones dédié d’Europe. Sa livraison est prévue pour fin 2026. Ce navire de 107 mètres dispose d’un pont d’envol de 94 mètres capable de lancer des drones légers à l’aide d’une catapulte et de prendre en charge des drones plus volumineux en modes STOL et VTOL. Il utilise une rampe arrière pour déployer des véhicules de surface autonomes (USV) et des véhicules sous-marins autonomes (UUV). Il se distingue des autres navires conçus pour mener des opérations de surveillance maritime, de recherche et de sauvetage, mais aussi de recherche océanographique. Construit par Damen Shipyards Group pour un coût approximatif de 132 millions d’euros, il est conçu pour une autonomie de 45 jours et une autonomie de 10 000 milles marins. Il peut également accueillir 18 conteneurs, 10 bateaux et des laboratoires scientifiques spécialisés.

2. Le navire de la marine turque TGC Anadolu

Le navire d’assaut amphibie TCG Anadolu de la marine turque en Méditerranée. Source

Le TCG Anadolu est reconnu comme le premier porte-drones au monde, un navire de 27 436 tonnes initialement conçu comme un navire d’assaut amphibie, mais modifié après le retrait de la Turquie du programme F-35. Ce navire de 232 mètres est équipé d’une rampe de lancement inclinée à 12 degrés et d’infrastructures spécialisées pour les drones, notamment des terminaux de contrôle par satellite, un « système à rouleaux » à l’avant pour les décollages et un dispositif d’arrêt pour les atterrissages. Il est conçu pour accueillir entre 30 et 50 drones Bayraktar TB3 à ailes repliables, qui ont effectué avec succès leurs premiers décollages et atterrissages à partir d’un porte-avions fin 2024. La Turquie prévoit également d’intégrer le drone de combat sans pilote (UCAV) à réaction Kızılelma et l’Anka-3 à l’escadre aérienne du navire afin de disposer de capacités de frappe à grande vitesse. Au-delà de sa capacité en matière de drones, le navire peut transporter une force amphibie de la taille d’un bataillon, des véhicules blindés tels que le char Altay, et jusqu’à 10 hélicoptères Super Cobra. Équipé du système de gestion de combat Advent de fabrication nationale, l’Anadolu gère une gamme d’armes variée comprenant des lanceurs de missiles RAM et des systèmes d’armes de défense rapprochée (CIWS) pour une défense robuste.

3. La marine iranienne : IRIS Shahid Bahman Bagheri

IRIS Shahid Bahman Bagheri au large des côtes iraniennes. Source

La marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a récemment mis en service l’IRIS Shahid Bahman Bagheri, un gigantesque porte-drones de 42 000 tonnes issu de la conversion d’un porte-conteneurs commercial de construction sud-coréenne. Ce navire de 240 mètres se distingue par son pont d’envol incliné de 180 mètres et son tremplin intégré, ce qui lui permet de servir de base mobile pour des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) à longue portée ainsi que pour des missions de frappe. Il transporterait jusqu’à 60 drones des familles Mohajer, Shahed et Ababil, et a déjà exposé sur son pont des drones à réaction JAS-313. Au-delà des opérations aériennes, le porte-avions utilise des bossoirs latéraux pour lancer et récupérer jusqu’à 30 vedettes lance-missiles d’attaque rapide, renforçant ainsi la doctrine navale asymétrique de l’Iran. Le navire est lourdement armé pour son autodéfense avec des missiles de croisière antinavires Ghader, des systèmes de défense aérienne Kowsar-222 et des canons automatiques de 30 mm. Conçu pour une grande autonomie en haute mer, le Bagheri affiche une autonomie de 22 000 milles et peut opérer pendant une année entière sans ravitaillement. Son vaste intérieur comprend des installations non conventionnelles pour les déploiements prolongés, telles qu’un hôpital, un gymnase et même un terrain de football en gazon synthétique pour l’équipage.

Ces porte-drones navals traditionnels partagent plusieurs caractéristiques, la première étant leur taille, qui est en théorie liée à leur capacité à projeter leur puissance. Plus le navire est grand, plus il est capable de s’imposer dans une zone donnée grâce à ses systèmes d’armes. Le NRP D.Joã II de la marine portugaise affiche un déplacement annoncé de 7 000 tonnes, tandis que l’IRIS Shahid Bagheri a un déplacement d’environ 42 000 tonnes (s’agissant d’un ancien porte-conteneurs), ce qui est supérieur à celui de certains porte-avions tels que le Cavour italien.

Ils sont également généralement équipés de matériel aéronautique traditionnel, comme des catapultes, des câbles d’arrêt et des rampes de décollage. Le TCG Anadolu de la marine turque, initialement conçu pour transporter 20 avions de combat F-35B SVTOL (variante embarquée du F-35), a ensuite été modifié pour accueillir des drones Bayraktar TB-3 et TB-2. Le NRP Dom João II comportera au moins une catapulte à l’avant tribord du pont d’envol pour lancer des drones légers. Le navire dispose également d’une piste de 94 mètres pouvant accueillir des drones de plus grande taille.

Enfin, bien que ces navires opèrent avec des drones sans équipage, ils nécessitent tout de même un certain nombre de personnel. Le porte-drones portugais requiert un équipage de 48 personnes, tandis que le concept sud-coréen HCX-23 Plus de 15 000 tonnes est conçu pour accueillir environ 100 personnes.

Dans l’ensemble, ces porte-drones jouent un rôle stratégique en tant qu’alternative aux porte-avions coûtant plusieurs milliards de dollars, offrant un moyen moins onéreux de projeter une puissance aérienne et navale dans une zone d’opération, seules ou en coordination avec les forces alliées. Pour tous ces pays, cependant, ces navires ne constituent pas simplement l’un des outils les plus importants de leur arsenal, mais l’outil le plus important, qui forme la pierre angulaire de leur stratégie navale. Si la perte des drones utilisés est envisagée, celle du porte-drones l’est beaucoup moins. Ainsi, bien qu’il s’agisse d’une approche innovante en termes de réduction des coûts, des besoins en main-d’œuvre et des délais d’acquisition, ce type de navire partage encore de nombreuses caractéristiques avec un porte-avions traditionnel. Le navire portugais est conçu pour accueillir également d’autres types d’aéronefs, et son homologue turc était initialement conçu pour utiliser des avions de chasse. À ce titre, ces porte-drones restent des plateformes relativement traditionnelles dans la mesure où ils constituent les navires amiraux de leurs marines respectives, qui doivent être protégés par un groupe aéronaval afin d’assurer leur sécurité et leur liberté d’action opérationnelle.

Ce qui est plus révolutionnaire, c’est la tendance émergente des « vaisseaux-mères » pour drones.

 

Quels sont les principaux enseignements à tirer de cette tendance émergente ?

L’Ukraine, pays dépourvu de marine traditionnelle, a donné une véritable leçon de guerre asymétrique en neutralisant environ un tiers de la flotte russe de la mer Noire. Ce résultat a été obtenu grâce à l’évolution rapide des véhicules de surface sans pilote (USV), qui sont passés de simples bateaux « kamikazes » à des plateformes de combat sophistiquées et polyvalentes. Le « Magura V5 » est récemment entré dans l’histoire en engageant avec succès deux hélicoptères de combat russes Mi-8 près du cap Tarkhankut. Armé du R-73 « SeaDragon » (une variante navale du missile air-air), le Magura V5 a prouvé que les « meutes de drones » menacent désormais non seulement les navires, mais aussi la supériorité aérienne régionale, entraînant la perte de 16 membres d’équipage russes en un seul engagement.

Une autre innovation est visible avec l’USV « Sea Baby », qui a été équipé de mines navales italiennes MN103 « Manta » pour bloquer les chenaux étroits. Parallèlement, le Corps des Marines ukrainien a déployé le drone fluvial « Barracuda ». Construit par la 40e Brigade de défense côtière, le Barracuda est un navire modulaire doté d’une IA, conçu sur mesure pour la « guerre insulaire du Dnipro ». Il effectue des opérations de minage, de ravitaillement et de frappe à l’aide de lance-grenades embarqués. Il est essentiel qu’un stratège prenne note de sa contrainte tactique : le Barracuda ne dispose pas de communications par satellite, ce qui limite son rayon d’action à des missions de courte distance où le contrôle par radio ou en ligne de mire est maintenu — un choix de conception reflétant son rôle dans des zones fluviales spécifiques en conflit.

Le drone sous-marin « Sea Baby » est déployé dans le cadre de phases d’essai. Source

Le développement le plus marquant est sans doute ce « porte-drones » télécommandé d’une valeur de 250 000 dollars. Ces navires de 5,5 mètres de long servent de vaisseaux-mères en mer pour des drones aériens à vision en temps réel (FPV). En lançant ces drones depuis la mer, l’Ukraine a étendu son rayon d’action jusqu’à huit kilomètres à l’intérieur des terres, frappant les systèmes antiaériens russes Pantsir et Osa dans la région reculée de Skadovsk. Cette approche de « vaisseau-mère » transforme une arme maritime en une plateforme d’attaque terrestre, contournant ainsi les défenses côtières. De plus, la plateforme « Alligator-9 » s’est imposée comme un USV modulaire haut de gamme capable de transporter des torpilles ou le système laser Tryzub 90, codifiant ces succès improvisés en conceptions spécialement conçues.

Il est toutefois important de noter que ces drones opèrent dans des espaces maritimes confinés, ce qui signifie qu’il reste à voir s’ils pourraient être déployés en haute mer avec toutes les contraintes supplémentaires que cela implique, telles qu’une dépendance accrue aux communications par satellite, contrairement à ces autres drones qui ont le luxe de pouvoir compter sur des communications terrestres.

Une chose est sûre cependant : les entreprises de défense du monde occidental ont compris l’utilité de ces drones et ont déjà commencé à présenter de nouveaux produits, bénéficiant probablement de l’expertise ukrainienne pour combler leurs lacunes en matière de capacités.

Havoc, en coopération avec Lockheed Martin et Vatn Systems, a récemment présenté ses Rampages intégrés à l’interface utilisateur de Lockheed Martin et à ses systèmes sous-marins sans pilote, et utilisant le logiciel d’IA de Havoc.

La deuxième génération de l’IA de Havoc, baptisée « Rampage », est en cours de déploiement. Source

Qu’est-ce qui a favorisé le développement des porte-drones navals et quelles en sont les implications pour l’avenir de la guerre maritime ?

La prolifération des drones à bas coût a confirmé la prédiction du capitaine Wayne Hughes concernant des « conditions instables » dans son modèle de combat en salve, à un point tel que la puissance de frappe dépasse largement la capacité de survie défensive. Cela s’est traduit par un « rapport coût-efficacité défavorable » pour les marines traditionnelles. Lors d’opérations en mer Rouge, la marine américaine a été confrontée à des drones houthis dont le coût variait entre 2 000 et 20 000 dollars. Ces derniers ont été interceptés par des missiles SM-3 coûtant environ 15 millions de dollars par unité, soit un rapport économique de 1/750e en faveur de l’attaquant.

Les équations de salve de Hughes suggèrent que lorsque la puissance de frappe est élevée et que la capacité défensive est limitée et coûteuse, la seule stratégie viable consiste à « tirer efficacement en premier ». La marine américaine a utilisé en quelques heures seulement l’équivalent d’une année de production de SM-3 pour se défendre contre des menaces qui, au total, coûtaient moins cher que deux de ses propres intercepteurs. La loi du carré de Lanchester, qui a historiquement favorisé la concentration des forces, est invalidée par ces considérations économiques. Dans un monde de « masse de précision », une posture défensive fondée sur l’usure mène à la faillite stratégique. L’incapacité de la base industrielle de défense à suivre le cycle « fast fashion » du développement des drones signifie que les navires de guerre sont de plus en plus vulnérables à être submergés par des salves de drones FPV à 500 dollars, eux-mêmes montés sur des plateformes à faible coût.

Le « Mass Effect » de la géométrie navale moderne fait que le champ de bataille est désormais « transparent » en raison de la saturation des capteurs à faible coût. Dans cette « zone de contestation », la concentration traditionnelle des forces — autrefois condition sine qua non de la victoire — est devenue un handicap. La létalité augmente actuellement de manière exponentielle, tandis que la protection (blindage/défense antimissile) ne progresse que de manière logarithmique. Les grandes formations servent désormais de cibles pour des salves de précision.

Pour survivre, les forces doivent rester dispersées à distance, se regrouper rapidement pendant la durée d’une frappe, puis se disperser à nouveau immédiatement. Cela nécessite une surveillance persistante à longue portée. Le porte-avions PANG prévu par la France (entrée en service en 2038) répond à ce besoin en intégrant le drone MALE « Aarok ». Développé par Turgis Gaillard, l’Aarok dispose d’une charge utile de 1,5 tonne, d’une autonomie de 20 heures et peut opérer à des altitudes de 15 km. Il sert d’« yeux » au porte-avions, fournissant des capacités de surveillance maritime et de lutte anti-sous-marine depuis une zone sûre, en dehors de la zone de menace immédiate. Cette intégration tient compte de l’argument de la « masse de précision » : lorsqu’un drone FPV coûte 1/130e du prix d’un missile Javelin, la quantité devient une qualité en soi. Les plateformes haut de gamme comme le PANG doit désormais s’appuyer sur des « écrans » de drones pour naviguer dans un environnement où même de petits acteurs peuvent lancer des attaques de saturation.

Cela suppose toutefois que la cible soit détectée. En effet, si les capteurs ne parviennent tout simplement pas à détecter l’ennemi, tous ces produits à faible coût sont alors inutiles, alors qu’une plateforme plus conventionnelle, et plus coûteuse, disposerait toujours de capteurs de haute technologie tels que des radars. Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur l’avenir des drones navals, je pense que ceux-ci, comme d’autres types de drones, comblent actuellement des lacunes. Ils ne sont pas là pour remplacer les plateformes conventionnelles.

Cela dit, il est clair que les marchés publics navals traditionnels, caractérisés par des cycles de développement de 20 ans et une durée de vie des coques de 50 ans, sont fondamentalement incompatibles avec un environnement de drones où les logiciels et le matériel évoluent par cycles de 12 semaines. Une accélération alimentée d’ailleurs par l’effondrement du coût et du poids de la puissance de calcul. La technologie progresse et il est possible qu’à l’avenir, ces drones ne se contentent pas de combler des lacunes dans les besoins opérationnels.

Conclusion

La révolution des porte-drones ne se résume pas à l’introduction d’un nouveau type de navire ; il s’agit d’un changement fondamental. Pas d’un bouleversement radical, mais du début d’une secousse dans le monde naval dominé par les porte-avions. De nouveaux acteurs font leur apparition et ne doivent pas être pris à la légère.

Si elles ne parviennent pas à s’adapter à l’économie de la « masse de précision », les marines traditionnelles ne seront guère plus que des cibles de grande valeur — des navires de guerre qui succomberont inévitablement à la froide logique des équations de Hughes. À l’ère des marchés publics modernes, comme l’a montré la guerre en Iran, l’usure économique peut être très éprouvante — c’est pourquoi l’armée américaine déploie une variété de moyens pour atteindre ses objectifs.

La concentration des forces sur un champ de bataille de plus en plus « transparent » devient un handicap. La doctrine navale doit évoluer vers de nouvelles formes tenant compte de ces nouvelles menaces et exploiter pleinement le potentiel des nouveaux moyens.

Enfin, le succès de ces nouvelles plateformes modulaires donne un aperçu de ce qui nous attend : la guerre en Ukraine et d’autres conflits en cours offrent de nouvelles opportunités d’expérimentation dans des conditions réelles. Si l’on en croit les évolutions observées dans d’autres domaines, nous pouvons nous attendre à des évolutions tout aussi rapides dans les opérations maritimes au cours des prochaines années, voire des prochains mois.

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Luc D

Analyste dans le secteur de la défense, spécialisé dans le domaine des drones

https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Drone_carrier&oldid=1335788344

https://press.armywarcollege.edu/parameters

The Pursuit of Drone Carriers by Portugal, Iran, and Türkiye

The Telegraph: Ukraine’s new $ 250,000 naval drone carriers strike Russians by sea and air

Ukraine’s Drone Armada Evolves: From Black Sea Battle Labs to Modular Multi-Mission USVs

[https://euromaidanpress.com/2025/11/21/ukrainian-barracuda-naval-drone-blow-up-russian-logistics-base/

www.bairdmaritime.com

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https://downrangedata.substack.com/

Norway to Fund Development and Production of Naval Drones in Ukraine

https://www.lepoint.fr/monde/joao-ii-le-projet-ultra-innovant-de-la-marine-portugaise-26-12-2023-2548287_24.php

https://www.meretmarine.com/fr/defense/le-batiment-porte-drones-nouveau-gadget-porte-avions-low-cost-ou-future-classe-de-batiments

https://www.meretmarine.com/fr/defense/la-chine-lance-le-premier-lhd-porte-drones-dote-d-une-catapulte-et-de-brins-d-arret

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